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Mercredi 30 août 2006

Et idées courtes

 

je ne vous chanterai pas c’est sur

qu’j’veux pas payer mes impôts

je comprends bien qu’la vie est dure

pour  qui en paient croient-ils de trop

 

 

moi au moins j’ai pas c’problème là

je gagne si peu que j’en paie pas

 

 

je vous dirai rien non plus

d’ces acteurs que j’ai entrevus

dans les bistrots que je fréquente

j’en connais pas un qui les hante

 

les seuls acteurs que j’ai déjà vus

j’les rencontre pas dans la rue

 

 

je dirai pas que je suis rien

même si c’est l’avis d’mon banquier

j’suis pas vaniteux à ce point

j’fais juste des chansons qu’j’aime chanter

 

il y a des gens qui valent rien

qui ont leur nom dans le bottin

 

             break :

on est bien loin du temps du ROCK

plus de rythme et rien que du toc

c’en est fini du rythme-en-BLUES

les chansons nous tombent comme des bouses

 

je vais pas sur un air poussif

vous lire le dictionnaire des rimes

en prenant un p’tit ton plaintif

genre désabusé côté frime

 

moi quand ça rime je trouve ça bien

mais pas plus, juste si ça vient

 

un jour j’verrai si ma guitare

veut encore bien m’accompagner

j’vais pas prendre un ton geignard

pour faire le mec un peu blasé

 

dans ma têtemêm' quand y a du bourdon

j’vais pas dégueuler mes chansons.


 

 texte déposé

 

Par blaufoué - Publié dans : chansons et poèmes rimés originaux sans musiques p
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Mercredi 30 août 2006

le caniveau

 

 

Madame, votre toutou chéri crotte

sur les trottoirs où nous passons

s’il vous plait, dîtes donc à votre

chien,  merveilleux compagnon

qu’ nous ne sommes pas des animaux

à slalomer dans vos étrons

apprenez lui le caniveau

apprenez vous le caniveau

 

 

Madame Télé, votre lucarne crotte

jusque dans ma salle à manger

Platon livide dans sa grotte

dégueule sur sa table à langer

vos producteurs pour couches-culottes

merde et fric dans leurs menottes

apprenez leur le caniveau

apprenez vous le caniveau

 

 

les journaux ajoutent leur note

tabloïds futiles et salauds

des nouvelles de bas de portes

du fric et des culs qu’on frotte

les vidangeurs font des photos

on est bien loin de Figaro

apprenez leur le caniveau

apprenez leur le caniveau

 

 

Le monde en orange clignote

la planète bleue c’est du pipo

la guerre est là juste à nos portes

l’effet de serre, y a pas photos

la merde s’invite en quelque sorte

débordant des égouts, cadeau

portée très haut par des cloportes

qu’ils retournent à leur caniveau

qu’ils retournent à leur caniveau

 

 

 

  texte déposé

Par blaufoué - Publié dans : chansons et poèmes rimés originaux sans musiques p
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Mercredi 30 août 2006

On a perdu

 

On a perdu dans cette histoire

Un peu de nous, un peu de tu,

On s’est perdu dans nos mémoires

Un peu de vous un peu de vue

 

A l’aube de nos rendez-vous,

je me rendais prisonnier fou

la fille du geolier émue

m’attirait de sa main tendue.

 

On était à toi et à tu

Sans toi, je suis comme sans toit

C’est pourtant vrai qu’on s’est perdu

Pourquoi , on n’aurait pas du.

 

Mais peu à peu on s’est perdu

De  trop de jeux, et trop de « je »

Et des « moi » trop souvent têtus

Des « nous » pas vraiment  partageux.

 

On avait mis beaucoup de « nous »

Dans un « toi et moi » éperdu

Je t’avais pris sur mes genoux

Pour un baiser trop attendu.

 

Trop de moi noyé dans des nous

Trop de toi –moi pris dans les nœuds

Noués de toi à moi, de vous à nous,

Trop peut-être ou alors trop peu.

 

 

Maintenant partie, je l’avoue

Je suis isolé sur mon île,

Il faut, il peut, il doit vous…

Toi-même, vous m’appelez « il ».

 

Je reste devant la fenêtre

Les pigeons d’un mouvement d’ailes

montrent leur nid sur le vieux hêtre

où mon bonheur a disparu

je toi moi il nous vous tu,

mon bonheur ne dépend que d’elle.

 

 

Que dalle : mon bonheur est perdu.

 

 

Trop de moi noyé dans des nous

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Mercredi 30 août 2006

La première fois

 

 

 

La première fois que je suis mort,

C’était à mon enterrement

Je m’en souviens, souviens encore

C’est aussi présent que l’présent

 

La première fois que je suis mort

J’avais des fleurs jusqu’aux oreilles

Et les pleurs c’était tout pareil

J’en suis trempé tout juste encore

 

La première fois que je suis mort

T’étais à mon enterrement

Tu étais triste coquin de sort

comme un soulard que j’ai connu

et qui pleurait les soirs de vent

sa misère au bistrot d’la rue

 

La première fois que je suis mort

Tu suivais mon enterrement,

Robe noire et bise du nord,

La tristesse d’un bout du monde

L’avenir en chute profonde

Et les glaçons debout dedans.

 

La première fois que je suis mort,

Les enfants suivaient de côté

Sans comprendre qui avait tort

Dans cette histoire bête à pleurer,

 un cancer c’est vraiment retors,

c’est vrai qu’ça peut décourager.

 

La première fois que je suis mort,

L’autre déjà en embuscade,

Un mouchoir prêt, une tirade

Pour faire semblant de t’consoler,

Alors qu’il ne voyait que ton corps

Que son regard déshabillait.

 

La prochaine fois que je s’rai mort,

Je d’mand’rai, la mort par la main,

Faire avec elle un bout d’chemin,

C’est plus un chemin que j’ignore,

Pour faire une croix sur un vrai-faux,

qu’elle me prête un peu sa faux.

 

 

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Mercredi 30 août 2006

ON PEUT REVER NON

 

A la télé pas d'accident

pas une seule catastrophe

pas de faiseur à Apostrophe

pas de Mitterrand ni Christophe

pas de séismes ni volcans

                                                       On peut rêver, non?

 

Des sourires pleins la Palestine

comme une Paix  de haut en bas

toute une Afrique  sans famine

des pétroliers sans leur caca

un monde sans Busch ni Poutine

                                                      On peut rêver, non?

 

Pas un bouchon sur le périph'

l'auto  ronronne, lent bolide

la radio "circulation fluide"

un ciel tout bleu sans une ride

juste un trait d'avion qui le griffe

                                                      On peut rêver, non?

 

Un verre de blanc à la terrasse

du bistrot d'un port atlantique

et juste ce qu'il faut de fric

ma main sur ta cuisse qui passe

ton sourire flânant en musique...

                                                        On peut rêver, non?

 

break:Tout le bonheur d'ici bas

           résumé d'une peau d'orange

          dorée ou jaune on ne sait pas

          simplement posée sur sa branche

 

 

 

 

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