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Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /Mars /2007 23:25

Quand elle dort

 

Oui je sais bien que lorsqu’ elle dort

Elle s’enroule dans ses pensées

Comme une chatte traversée

Par des rêves d’argent et d’or.

 

 

Elle ne pense pas pareil

Son monde est celui des merveilles

Pour un moment elle m’a chassé

Et je suis loin de ses pensées.

 

 

On pourrait croire quelle ronronne

Elle a ce sourire qu’en automne

Elle a en cueillant des colchiques

Dans les prés derrière la fabrique.

 

 

C’est encore un sourire d’enfant

Celui qu’elle a en chantonnant

Qu’en fin d’été elles fleurissent

Mauves quand les feuilles flétrissent.

 

 

Et quand sortant de son sommeil

Elle caresse d’un doigt léger

L’arête droite de mon nez

Je sais que revient le soleil.

 

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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /Fév /2007 23:04

L’être à Elise

 

Quand nous marchions main dans la main

Tous deux jeunes cons et amoureux

Même les cailloux du chemin

Semblaient doux à nos pas de deux.

Les propos que nous échangions,

Nos mains disaient d’autres chansons,

Etaient si bêtes que l’hirondelle

S’en repartait d’un grand coup d’ailes.

 

Que vouliez-vous que je vous dise

Jolie Elise

 

Nous avons pris une place pour deux

Dans ce train qui partait si vite

Mais le ciel bleu était si bleu

Tu viens, je viens, pourquoi t’hésites ?

Il allait sûrement nulle part

Notre inquiétude était légère

On n’avait pas besoin de gare

Et nos peines étaient passagères.

 

Plus voudriez vous que j’en dise

Charmante Elise

 

 

 

Les lits étaient nos forteresses

Nous les attaquions comme le vent

Sur les collines de tes fesses

J’ai porté mon armée souvent

Ton ventre était tapis de lune

Je me souviens de nuits dansées

Dans les forêts hautes à la brune

Toi sorcière et moi sorcier

 

Que voudrais-tu  que je te dise

Gourmande Elise

 

Le temps passait à la découpe

Les enfants, le travail, les gens

Tous ceux qui croisaient notre route

Le pied léger, les pieds devant,

tous ceux qu’on aime, et ceux qu’on croit,

mais au grand jeu de la déveine,

 les peines équilibraient les joies

les joies effaçaient bien les peines.

 

Que voulez-vous que je vous dise

Ma douce Elise

 

 

Que voulez vous que je vous dise

Tendre Elise

Aujourd’hui à l’orée du bois

Perdu sans caillou dans sa poche

Je suis le Poucet d’autrefois

Ecervelé peut-être, mioche

Qui cherche la fée Carabosse

Ou une autre croisée à la noce

De la Belle au Bois qui dormait

D’un conte qui vous ressemblait

 

Quel conte  voulez vous que je  lise

Ma vieille Elise ?

 

 

 

 

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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /Fév /2007 23:00

Dans les bistrots

 

Dans les bistrots, entre deux verres,

On cause au bar de nos misères,

C’est la MJC des tout-seuls

Y a ceux dont la femme fait la gueule,

 

Ceux qui ont perdu leur boulot

Ou qui vont l’perdre, on sait pas trop,

C’est l’phare ouvert aux sans-amour

Un petit verre c’est un peu court,

 

De temps en temps, on entend l’rire

D’un mec paumé côté soupir

Dont les sourires se sont coincés

Dans un rictus de bonne année,

 

Qui vient d’apprendre que son permis..

Il l’avait plus de toute façon

Il sait pas,  vu qu’il est maçon,

Comment il va reprendre lundi.

 

Dans les bistrots, y a deux trois gosses

Qui sirotent une bière un peu rose

On sait pas trop sur quoi y tossent

Vu leur tête ça doit être quéqu’chose.

 

A 11 heures voilà les copains,

Y en a un qu’on entend de loin

Il raconte la blague d’la journée :

Encore la meilleure de l’année !

 

Le vieux qui rumine dans son coin,

Veut pas partager son chagrin

Il ne cause plus qu’à son spagnel

20 ans qu’sa femme s’est fait la belle

 

Ya la Gisèle, martini-fraise,

Une jolie fille dev’nue obèse

Qui sirote ses amours passées

Sur un p’tit coin de toile cirée.

 

Un étranger qui passe la porte

Plein d’enthousiasme paie une tournée

Il parle d’une voix un peu forte

Par politesse faut l’écouter.

 

 

Dans le bistrot il y a nos gueules

Au pied du bar  qui vont toute seules

Au zinc carcasses amarrées

Piquées en haut sur un trépied.

 

Au bistrot, c’est jamais fini,

Y a l’matin qui commence la nuit

Avec les yeux comme en bordées,

Vieilles barques échouées sans marées.

 

Au bistrot, y a…y a…et puis tant pis.

Venez , allez passez la porte,

 vous que le vent du nord apporte

ou le cafard des vieux tant-pis

 

Venez au bar faire un bout d’nuit

On pourra vous accompagner

Au moins d’un p’tit bout d’amitié…

Vous passez,  ben alors tant pis,

 

Tant pis

 

 

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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 23:51

L'absente

 

Ce soir en montant l'escalier

je repensais à la voiture

qu'un peu trop loin j'avais garé

et aussi au pot d'confiture

que j'avais encore oublié.

 

Quand j'ai passé l'seuil de la porte

pas un bruit dans l'appartement

les roses de l'entrée déjà mortes

faut les arroser plus souvent

ou en acheter d'autre sorte.

 

J'ai fait l'tour du deux pièces tu vois

dans chacune y avait personne

ça fait pas beaucoup pour l'endroit

trente mètres carré, une chambr' de bonne

sans la poésie sous les toits.

 

Le lit n'était même pas refait

dessus y avait ma vieille valise

où s'entassaient tous mes effets

comme dirait ma grand'tante Denise

un costume, deux jeans, trois chemises.

 

La penderie ouvrait un vide

 en face du lit comme un palier

mon univers prenait des rides

y avait de plein que l'cendrier

et une enveloppe encore humide

 

J'avais compris t'étais partie

avec juste un mot sur l'comptoir

en plein milieu d'une répartie

t'avais même posé ma guitare

comme un cercueil dans la baignoire

 

Je suis resté longtemps comme ça,

assis au bord du téléphone

je m'suis dit elle appellera

ce soir un jour et quand il sonne

je crois toujours que c'est de toi

 

Mais quand j'ai relevé la tête

de mes oreilles entre mes mains

que j'ai r'gardé par la fenêtre

je n'ai rien pu y reconnaître

comme dans mon coeur y avait plus rien

 

 Toutes les rues avaient disparu

  il ne restait qu'un grand désert

  y avait plus un seul réverbère

quand il y en avait dix par rues

  et plus une seule lumière…

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Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /Jan /2007 16:38

Océan

 

 

Arrête un peu ton vacarme, océan,

 tes vagues me font peur

Et mon cœur cogne encore

qui avance vers le port

mais les pieds en dedans

 

Arrête un peu l’incessant mouvement

Qui remonte et descend

Qui soulève et soulève

Tout le sable des grèves

Et mon cœur en dedans

 

 

Arrête ta hargne ô mon vieil océan

Qui va poussant mon cœur

Désespéré de vivre

Qui traîne comme un fleuve

Perdu entre ses rives

 

 

Arrête un peu tes eaux bavant l’écume

Ton infini de flots

Confondus par la brume

Comme si se repentant

un pendu gémissait

et sur le sable encore

la corde qui traînait

Arrête un peu ton cirque

Et replie tes rouleaux

J’en avais des pareils

lorsque j’étais marmot

Les colères c’est bon mais pas trop longtemps,

 la fureur qui s’enlise

c’est pas vraiment marrant

Surtout quand je suis là

moi au bout du rouleau

et mon âme en corbeau

le cœur cheval de frise

et ma tristesse...

ma tristesse au dedans.

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